dimanche 25 septembre 2016

Prévenir avant de partir à l'aventure

Mieux vaut prévenir…

Personne ne part faire un tour dans la verte en s’imaginant devoir faire l’objet d’une opération de secours de grande envergure. Pourtant, il vous suffit de taper « randonneur perdu » dans un moteur de recherche pour vous rendre compte de la fréquence élevée de ce genre d’événements.

L’histoire d’Aaron Ralston est un cas d’école. Parti pour un trek dans les canyons de l’Utah, il restera bloqué 5 jours, le bras coincé par la chute d’un rocher sans que personne ne connaisse sa position ou ne s’inquiète de sa disparition. Il parviendra à se libérer en sectionnant le membre prisonnier. Son histoire a été portée au cinéma sous le titre « 127 heures ». Depuis, il laisse toujours un mot pour dire où il compte se rendre. Peut-être pouvons-nous nous inspirer de cet exemple.



I – Laisser un mot

Que ce soit aller chercher du pain au coin de la rue ou pour une balade un peu plus exigeante, il est toujours raisonnable de prévenir nos proches de nos déplacements. Votre chère et tendre ne s’inquiétera donc pas de votre absence à moins que vous ne vous éternisiez avec la boulangère. Pour une sortie nature ou randonnée, il semble logique d’avertir une personne de confiance de votre destination et de l’heure à laquelle vous comptez rentrer. Cette personne de confiance n’a pas à partager votre vie 24 heures sur 24, le mot peut très bien être envoyé par mail ou SMS. Si l’on insiste sur le mot « personne de confiance » c’est qu’elle doit être lucide sur vos activités et capable de déclencher les recherches sans signe de vie de votre part. En plus de l’heure estimée de retour à la civilisation, on pourra donner une heure pour tirer le signal d’alarme.

Par exemple, vous avez averti votre chère « man-man » que vous prévoyez une randonnée autour du village de Bouc-Étourdis durant une après-midi, vous pensez en avoir terminé pour 16 heures mais vous la prévenez qu’il faudra vraiment s’inquiéter à partir de 18 heures. Sans nouvelles de votre part, man-man n’a plus qu’à vous téléphoner et, sans réponse, composer le 17 ou le 112 pour alerter les secours. Elle manquera donc le début de « Questions pour un Champion » mais pourrait bien vous sauver la vie.


Prévenir un proche peut-être fait même à distance grâce aux SMS et aux emails.

Inversement, si vous vous êtes fourré dans une situation comparable à celle d’Aaron Ralston, vous savez qu’il vous faut tenir jusque dans la soirée pour que les secours se mettent en marche. Les recherches risquent de prendre du temps mais elles pourront être grandement facilitées par l’élément suivant.

II – La feuille de route

Les points de départ de la plupart des randonnées sont pourvus de parkings où chacun noue solidement ses lacets, inspecte son sac à dos et avale une gorgée d’eau avant de se mettre en route. Cela signifie que c’est prioritairement à cet endroit que les secours débuteront leurs recherches pour essayer de trouver votre véhicule (signe que vous n’est vraiment pas rentré au bercail).
La feuille de route est un simple bout de papier sur lequel vous aurez griffonné des informations sommaires permettant de déclencher ou non une recherche plus approfondie : Nom et prénom des participants, téléphone mobile, itinéraire envisagé, date, heure de départ, heure de retour estimée. Elle devra être étoffée dans le cas d’une randonnée sur plusieurs jours avec le détail des étapes envisagées (jour 1 – objectif – lieu de bivouac / gîte ; jour 2…).

Vous êtes incapable de noter ces informations ? C’est que votre voyage est mal planifié et ne peut que vous conduire à des complications ! Prévue en amont de toute sortie, elle peut également être transmise à un proche de confiance par courriel.


Pour écrire une bonne feuille de route, rien de plus simple, il suffit de laisser accessible dans votre voiture un petit bloc-note et un feutre sombre (cela permet d’écrire gros au cas où votre sauveur serait myope comme une taupe). Le message pourra ensuite être placé derrière une vitre en prenant en faisant un choix qui peut mener à deux issues différentes : si pour une balade à la journée, vous vous garez dans un lieu reculé et peu fréquenté, le mot peut-être laissé en évidence sans soucis. Dans le cas d’un parking très fréquenté et a fortiori touristique, gare à la fauche ! La feuille de route serait là pour rassurer la première frappe venue qu’il a encore quelques heures devant lui pour s’occuper de votre boîte à gant ou de votre superbe berline rutilante… Comme toujours, le choix se fera selon vos critères d’appréciation et le lieu que vous visitez.  


III – La carte d’informations personnelles

Voilà la cavalerie ! Hélicos, 4x4 et tout le tralala ! Les secouristes sont enfin arrivés mais vous voilà bien embêté avec votre déshydratation / état de choc / épuisement / empoisonnement / traumatisme crânien / fracture de la mâchoire / inconscience / coma (rayer les mentions inutiles) qui vous empêche de vous exprimer. Comment les prévenir d’une allergie ? De votre groupe sanguin ? Ou tout simplement de votre identité (seront-ils sûr que c’est bien vous qu’ils recherchaient et pas quelqu’un d’autre) ?

Ce genre d’informations devraient, dans une société logique et pragmatique, figurer en bonne et due forme sur notre carte vitale n’est-ce pas ? Mais puisque ce n’est pas le cas, nous allons devoir faire le travail nous-même. On ira donc fabriquer une carte d’informations personnelles qui sera organisée de façon à adopter un format carte de crédit, elle peut très bien être dactylographiée ou tapée à l’ordinateur. Vous pouvez très bien photocopier le modèle proposé ci-dessous et le compléter à la main.



Un exemple de carte à compléter avec vos données personnelles.

Il est vivement conseillé de faire plastifier cette carte afin que les informations restent lisibles même après un petit séjour dans l’eau glacée d’une rivière ou sous une lourde pluie insistante. Certains sac à dos disposent d’un emplacement plastifié pour y insérer une telle fiche, pourquoi ne pas également en glisser une dans notre porte-feuille pour la vie de tous les jours ? En cas de gros problème sur votre lieu de travail, dans les transports, durant vos loisirs, vous pourrez plus efficacement être identifié et pris en charge. Vous mettez ainsi davantage de chances de votre côté, en particulier dans une situation chaotique comme notre pays en a malheureusement connu très récemment.


Certains sacs à dos disposent d’un emplacement dédié aux cartes d’information.


Toutes ces précautions sont simples à prendre, ne demandent aucun effort si ce n’est de gribouiller sur un papier et/ou d’envoyer un SMS. Une situation de détresse sera psychologiquement beaucoup plus facile à aborder en sachant que l’aide sera bientôt mise en chemin plutôt que de se morfondre en se demandant qui pourra bien penser à votre absence (ne comptez pas forcément sur votre employeur pour remuer ciel et terre dès le lundi matin). Néanmoins, ces méthodes, aussi efficaces soient-elles ne doivent être envisagées qu’en tant que filet de sécurité. Les premiers remparts face aux complications sur le terrain seront notre réactivité et l’adéquation du matériel que nous avons sélectionné avec les conditions rencontrées. Et oui, il fallait écouter man-man qui vous conseillait de prendre une petite laine avant de sortir ! En tant que citoyens responsables, nous nous devons d’apprécier finement le degré de risque encouru lors de nos sorties, d’envisager les complications possibles et bien entendu, de ne pas tenter le diable pour ne pas se mettre « dedans » jusqu’au cou…



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