vendredi 12 août 2016

Témoignage d'un survivant : Geoff Keys

J'ai eu le plaisir de m'entretenir avec Geoff Keys, baroudeur Britannique qui a fait la une des journaux outre-Manche l'année dernière.

En 2015, l'homme de 63 ans réalise un trek motorisé dans le Queensland australien en compagnie de ses amis. À l'idée de découvrir de magnifiques chutes d'eau et de se rafraîchir, Geoff quitte le camp, seul. La nuit tombante, il réalise que le chemin emprunté n'est pas le bon et est dans l'incapacité de retrouver ses compagnons, totalement perdu dans un terrain immense, pieds nus.



Geoff Keys


Nature Aventure Survie : Bonjour Geoff, que faisais-tu dans le Queensland en juillet 2015 ? Es-tu quelqu'un qu'on pourrait décrire comme un « aventurier » ?
Geoff Keys : Je suis arrivé à Brisbane depuis la Nouvelle Zélande en may. J'ai étudié plusieurs itinéraires possibles en Australie avant de décider de partir vers le Nord puis le Sud et l'Ouest. Je voulais profiter de conditions météorologiques favorables. J'étais à Cape York, au guidon d'une moto tout-terrain le long de la « Old Telegraph Line », une route exigeante qui mène jusqu'au point le plus au nord de l'Australie. J'essaye d'être aventureux dans mes voyages dès que je le peux.

NAS : Tu as quitté le camp et tu as nagé le long d'une rivière, tu voulais voir les chutes d'eau « Eliot Falls », qu'as-tu ressenti lorsque tu as réalisé que tu étais perdu ?
GK : J'étais très énervé envers moi-même. J'avais décidé de marcher jusqu'à la route la plus proche alors qu'il aurait été bien plus logique de nager dans le sens d'où je venais. J'étais également inquiet de connaître la réaction de mes amis lorsqu'ils réaliseraient que je n'étais pas rentré au camp.

NAS : Comment as-tu passé la nuit sans matériel ?
GK : Je me suis juste allongé sur le sol et je me suis couvert de feuilles et d'herbes. Ça n'a pas été très efficace. Heureusement les températures étaient assez chaudes.

Le signal de détresse tracé par Geoff Keys

NAS : Quand et comment as-tu décidé de tracer un signal de détresse ? Savais-tu précisément ce que tu faisais ?
GK : C'était durant le second jour, je nageais en descendant la rivière. J'avais déjà entendu des hélicoptères de recherche même s'ils étaient assez loin. J'ai repéré un banc de sable et j'ai décidé d'y écrire un message juste au cas où l'un des appareils venait à survoler la zone. Et ça a marché ! J'ai pris un bâton et j'ai écris mon message avec des caractères aussi grands que le banc de sable me l'autorisait. J'ai écris « HELP » suivi de la date et une flèche pour indiquer la direction que je suivais. J'ai pensé que le sable resterait sec sauf s'il se mettait vraiment à pleuvoir.

NAS : Tout est bien qui finit bien, qu'as-tu ressenti quand tu as finalement été secouru ?
GK : Jusqu'au moment où l'hélicoptère m'a survolé, je me sentais déterminé à me sortir moi-même de cette situation en descendant la rivière jusqu'à ce que je rencontre des gens ou une route. Lorsque le pilote de l'hélicoptère m'a repéré, je me suis soudain senti faible et fatigué mais également extrêmement soulagé. C'était un sentiment incroyable de savoir mon supplice terminé.

Merci Geoff !


Au lendemain de sa disparition, il entend le bruit des hélicoptères de recherche, descendant un cours d'eau jusqu'à trouver un banc de sable suffisamment large pour y tracer le message suivant :
HELP 28 07 →

Retrouvez l'histoire complète du périple de Geoff Keys sur son blog :

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