mercredi 16 septembre 2015

7 choses fondamentales que savaient faire nos aïeuls

Chasser / Élever / Préparer
L'image de l'homme préhistorique armé de sa lance en silex a la peau dure ! Pourtant, nos grand-parents avaient également pour habitude de prélever de la viande dans leur environnement. La chasse "de loisir" a remplacé la chasse par nécessité. Précisons également que le chasseur d'antan ne pouvait compter que sur ses capacités de pistage pour retrouver la trace des animaux qu'il convoitait.

Le pistage réserve parfois de jolies surprises (© Alban Cambe)

La chasse et le piégeage nécessitent désormais des autorisations, c'est peut-être la raison pour laquelle ces activités se font de plus en plus rares.

Sans avoir à courir après un lièvre ou un sanglier, l'élevage est aussi une tradition. Mes grand-parents possédaient des clapiers à lapin, des poules, des cailles... Un élevage à dimension familiale peut fournir des oeufs, les poules mangent un grand nombre de déchets de cuisine. C'est tout bénef !

illustration issue de "US Army Survival Handbook"

Vient ensuite le moment tant redouté. Nous comprenons bien qu'il existe une étape obscure entre la jolie petite poule qui gambade dans la basse cour et le poulet doré qui sort de la rôtisserie...
Mais nous sommes bien peu nombreux à pouvoir faire le lien. À quoi bon attraper un écureuil ou un lapin si l'on est incapable de le préparer correctement ?

L'étape la plus repoussante pour beaucoup reste la mise à mort, on préférera bien sûr une méthode rapide et sans douleur mais il reste encore un gros travail... Plumer un oiseau, enlever la peau et vider son animal sont des étapes capitales. Un animal mal éviscéré peut être rendu impropre à la consommation en raison de la contamination bactérienne issue des entrailles... Et en situation de survie, on aimerait éviter de chopper la tourista...

Bien entendu toute ces compétences peuvent être transposées au milieu aquatique et aux poissons.


Cueillir
J'ai débuté le Bushcraft tout gamin. Je devais avoir 8 ans et lors d'une balade, ma grand-mère, une femme modeste n'ayant appris le Français qu'à 15 ans et ayant vite quitté l'école, se mettait à ramasser des plantes par-ci par-là. Elle m'a transmis le "virus" en me mettant dans la bouche une tige crénelée rougeâtre au goût acidulé rappelant la myrtille. Des années plus tard j'apprendrai qu'il s'agissait de Rumex et je serai enfin capable de la reconnaître à coup sûr.

De l'ail des ours, à ne pas confondre avec le muguet (© Alban Cambe)

Tout ça pour dire que nos aïeuls, qui n'avaient pas fait de grandes études, qui ne pensaient pas maîtriser tout le savoir du monde via l'internet, étaient des naturalistes accomplis. Connaître les arbres, les plantes courantes, les espèces comestibles, médicinales ou les champignons étaient des connaissances communes, pas besoin de stage ou de prof pour ça... L'image ci-dessous résume clairement le décalage complet entre le réel et le virtuel de notre société...






Cultiver
En lien avec les plantes utiles et comestibles. Si une plante montrait une valeur quelconque, nos ancêtres pouvaient décider de la domestiquer. C'est ce qu'il s'est passé avec tous les légumes que nous connaissons aujourd'hui. Cette sélection agronomique va tendre à ne conserver que les plants les plus vigoureux et les plus faciles à entretenir. On passe ainsi de la carotte sauvage à la carotte que nous connaissons tous...

Mais au-delà de la volonté de produire toujours plus, il y a encore 50 ans, on produisait tout court. Les potagers étaient remplis de plants issus de la culture locale. Le voisin possède des tomates ? Je peux aller lui demander quelques graines ! Le fait de replanter au même endroit des générations de plants entretient et développe l'adaptation de ces derniers pour leur milieu. On se retrouve avec des semences et des variétés adaptées aux conditions locales, capables de pousser en plein cagnard sans apport d'eau. Et cela nous surprend ! Les gens sont émerveillés par le travail de Pascal Poot, ce maraîcher autonome qui a refusé d'acheter des graines dans la grande distribution, comme nos anciens. À découvrir dans le reportage ci-dessous...

Des légumes sans eau ? Le travail de Pascal Poot au JT de France 2

La sélection se fait d'elle-même, pas besoin de produits chimiques, juste de l'huile de coude et de la patience ! Et puis pas besoin d'un jardin immense, il est tout à fait possible de cultiver sur son balcon...

Quelques patates du balcon. (© Alban Cambe)



Bricoler / Fabriquer
Nombre de petits tracas de la vie quotidienne peuvent être résolus avec un peu de temps et d'huile de coude. De nos jours, par manque de temps et par le vice de certaines conceptions, on ne prend plus le temps de réparer ou alors on délègue cette tâche.
L'obsolescence programmée et le design de certains appareils les rendent impossibles à bricoler par soi-même mais certains outils ou objets simples pourraient se voir offrir une seconde jeunesse si seulement on prenait le temps.

Premier test d'une hache au manche rénové (© Alban Cambe)

Exemple tout bête : cette hache qui appartenait à mon grand-père. Si l'on prête attention à sa conception, on remarque bien vite que le manche peut facilement être remplacé, c'est ce que j'ai fait. L'outil était couvert de rouille mais toujours solide, seul le bois avait un peu pourri et un jeu s'était créé. En un après-midi, je me retrouve avec un nouvel outil Bushcraft parfaitement fonctionnel.

Cuillère taillée dans du bois de bouleau (© Alban Cambe)

J'ai également ajouté "Fabriquer" car pour celui qui s'interroge sur l'innocuité des plastiques alimentaires, les ustensiles de cuisine peuvent poser de sérieux problèmes... Vous aimez le Bushcraft ? Alors foutez tout à la poubelle et remplacez vos spatules, cuillères et louches par des objets que vous aurez fabriqués ! On peut même faire des tasses ou des bols en bois que diable ! Petite fierté que de cuisiner avec des objets créés par vos petites mimines.

Se défendre
On touche là à un sujet sensible. "N'agissez pas seul", "appelez le numéro vert"...  Les téléphones portables sont des outils formidables mais ne seront jamais des policiers miniatures prêt à surgir de votre poche en cas de soucis.

Lorsque le voisin avait un peu trop picolé et qu'il venait casser les pieds de l'un de vos ancêtres, il est fort peu probable que ce dernier ait attendu l'arrivée de la maréchaussée pour repousser le malotru, a fortiori à la campagne...

Nos ancêtres devaient régler des problèmes en urgence et nous avons perdu cette réactivité. Il va falloir comprendre à nouveau que le citoyen est le premier concerné par sa sécurité et qu'il ne peut déléguer le maintien de celle-ci à personne d'autre qu'à lui-même.
Garder à l'esprit le proverbe :
"Si vis pacem para bellum"
"Si tu veux la paix, prépare la guerre"

Les bien-pensants peuvent avoir quelques problème avec cela mais comprenons-nous bien, les préparations à la self-défense doivent se faire dans un cadre réaliste, respectueux de la loi et avec l'espoir que cette apprentissage n'aura jamais à être utilisé !

Construire un feu
Première étape qui devrait être obligatoire dans tout stage de survie : allumer un feu avec une seule allumette. Oui ça parait stupide, alors sortez et essayez. L'année dernière, le constat était net : 8 groupes, un paquet de 50 allumettes vidé, un seul groupe a réussi du premier coup (un ancien en faisait partie, coïncidence ?). Et encore, il ne pleuvait pas. Sachant que les allumettes que nous connaissons aujourd'hui (produisant une flamme par friction) ne date que du début du XIXème siècle, cela force le respect.

Feu par friction (© Alban Cambe)


Nos aïeuls possédaient des cheminées ou des poêles au sein desquels ils conservaient des braises en permanence. La production d'une flamme se faisait alors par étape (battre le briquet à silex ou engager une technique de friction pour produire une petite braise et la transformer en flammes via un nid d'allumes-feux). On comprend la difficulté de rallumer un feu éteint et un mesure alors l'importance de conserver des braises qui seront aptes à produire un nouveau foyer.

Braises (© Alban Cambe)

C'était une simple stratégie pour se faciliter la reprise de feu mais il fallait également maîtriser la construction du foyer. De nos jours, le feu au sein d'une habitation représente un danger potentiel mais nous oublions alors de l'apprivoiser. Les débutants doivent se focaliser, à mon humble avis, non pas sur l'allumage (qui reste assez aisé au firesteel) mais sur l'édification du foyer. Ceci implique de bien connaître les propriétés du bois, de ne pas étouffer ses flammes et d'entretenir son feu de manière régulière.

Combien de débutants ont été frustrés par l'extinction d'un feu si durement allumé ? Cela fait partie de l'apprentissage, c'est pour cela que l'on n'oublie pas son briquet moderne en sortie Bushcraft !

Mettre au monde
En Juin 2015, Amber Pangborn donne naissance à un bébé alors qu'elle est perdue en forêt. Elle survivra durant 3 jours toute seule avec son enfant avant que les secours n'arrivent, alertés par le feu de forêt initié par la jeune maman en détresse.



Sans assistance d'un médecin, dans des conditions d'hygiène pas toujours maximales, nos ancêtres se débrouillaient pourtant pour perpétuer l'espèce. De nos jours, il est bien rare qu'un accouchement se produise hors cadre médicalisé mais ce sont toujours les bons réflexes des intervenants qui assurent la survie du bébé et de la mère. Si nous sommes présents aujourd'hui, nous le devons à nos aïeuls qui maîtrisaient la mise au monde parfois au risque de voir la mère y laisser sa vie.

Parmi ces talents "primitifs", combien sont maîtrisés par l'homme moderne ? Si le Bushcraft prône le retour à la nature, on pourrait aussi vanter le retour aux fondamentaux.
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